Je veux pas faire ma baveuse, mais dans MINUSTAH, il y a le mot minus et c’est une bien drôle de coïncidence.
La MINUSTAH (Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti) c’est, entre autres, 10 600 policiers et militaires de 49 pays différents. Ajoutez les civils, vous arrivez à une bouillabaisse de 115 nationalités. Oui, oui, pas une de moins. Les Nations-Unies, pas à dire, portent bien leur nom. Mais les Nations-Greedy, ce serait pas pire aussi.
Cette flotte humaine est débarquée en Haïti pour… Franchement, on ne le sait pas trop. Et n’allez pas demander à leurs pions de vous éclairer, ils ne le savent pas tellement non plus. Ils aident. C’est vague. Je pionne, tu pionnes, il pionne… Genre.
Les policiers et militaires sont partout. Je veux dire, pas seulement près des grands hôtels et des plages en train de se prendre en photo. Plusieurs patrouillent, d’autres sont stationnés en permanence dans les carrefours achalandés, l’arme au poing. À croire que le pays est occupé. Je veux bien admettre que certaines zones de tentes délabrées et parsemées de tas de fatras qui brûlent comme des offrandes aux dieux ressemblent à des paysages d’après-guerre, mais Haïti sort d’une catastrophe naturelle, pas d’un conflit armé. Cette occupation armée jusqu’au dentier est injustifiée, et la population est écœurée..
La question : Ils servent à quoi?
Ne soyez pas cyniques, les membres de la MINUSTAH ne servent pas seulement à violer de jeunes Haïtiens, à importer le choléra et à faire des enfants aux jeunes femmes, en cours de route. Personne n’est payé pour ça, on appelle ça du bénévolat. Et puis, soyons honnêtes, c’est loin de représenter la norme. Ce sont simplement des choses malheureuses qui arrivent, diront les autorités. Juste plate qu’elles négligent de s’excuser pour autant.*
Trêve de sarcasme, au départ la MINUSTAH a été mise en place pour aider Haïti à se stabiliser après la chute d’Aristide, puis a été renforcée pour aider le peuple haïtien à se relever du tremblement de terre qui a si lourdement endommagé le pays. C’est juste que… on n’arrive comme pas à y croire. Telle qu’elle est, cette mission est la farce de la décennie (j’ose pas dire du siècle, vous allez penser que j’exagère). Une farce qui serait peut-être drôle si elle ne coûtait pas si cher. Dans les faits, c’est tellement du grand n’importe quoi que ça devrait s’écrire en majuscules.
N’IMPORTE QUOI
Encadrer, former et sécuriser un pays sévèrement chaotique, c’est pas rien, c’est même proprement louable, comme mission. Mais s’il y avait un réel intérêt, il me semble que la moindre des choses serait d’organiser les membres de la MINUSTAH par champs de compétences. T’es spécialiste de l’information, t’es chef des enquêtes, t’es le pro de la circulation ou un abruti tout juste bon à écrire des contraventions? Qu’à cela ne tienne, les besoins sont dans tous les domaines. Or, l’assignation des tâches semble aussi aléatoire que le tirage de boules de bingo. Tel qui sait pas écrire se retrouve rédacteur de rapports, tel qui sait pas diriger se retrouve à la tête d’une équipe, tel qui est ultra spécialisé en narcotiques se voit coordonner une flotte de véhicules, etc.
D’ailleurs, voulez-vous bien m’expliquer ce qu’un policier de la Croatie, de la Thaïlande, du Bangladesh, de l’Uruguay ou du Brésil (je vais pas tous les nommer, ce serait long) vient foutre en Haïti s’il ne parle que sa propre langue? La langue des signes, c’est ben l’fun, mais c’est un peu indigne d’une organisation qui se targue de ce nom, non? L’organigramme de la MINUSTAH est proprement ahurissant, à rendre n’importe qui parano. Je veux dire que si l’on voulait provoquer un échec total, l’on ne s’y prendrait pas autrement. Y’en a pas deux qui parlent la même langue, ciboire!
Oh! Bien sûr, l’on me rétorquera qu’il y a moins de violence ici et là, moins de viols dans les camps, moins de fraudes aux élections. Whouuuuuuuuu!! On l’espère, crisse!! Ce serait le boutte de la marde autrement, il y a tout de même des limites à l’effronterie.
***
Le principal mandat de la MINUSTAH est de former les membres de la PNH (Police Nationale d’Haïti). Vous avez une idée de ce que ça représente pour un policier haïtien de se faire soi-disant former par un Jacques, par un Mamadou, par un John puis par un Pedro? Ça ne prend tout de même pas un génie pour comprendre que l’Afrique ne fonctionne pas comme l’Amérique et que l’Europe a peu en commun avec l’Asie. Les approches sont à ce point différentes que le pauvre Haïtien y perd littéralement son chinois. Ben oui, y’a des Chinois aussi, ces illustres défenseurs des Droits de l’Homme; il y a de tout, je vous dis.
Et sérieusement, vous pensez que tous ces charmants policiers étrangers se sont tapé le code haïtien avant de se mêler de formation? Pfff! Faut pas rêver. Quelques-uns, oui, mais ils sont si minoritaires qu’on n’en parlera pas. Et n’allez surtout pas vous imaginer qu’ils apprennent la langue locale pour en apprendre davantage sur le tas, c’est déjà beau que la flotte reparte en sachant dire « merci » en créole. Okay, okay, y’a des zélés, faut pas les oublier. Ces derniers savent dire « comment ça va? » et demander l’heure qu’il est dans la langue de Dieudonné. Re-whouuuuu!
Le résultat de cette mission n’est donc que celui que l’on peut anticiper : en majuscules, si vous me suivez.
Je ne suis pas tendre, inutile de me le rappeler…
La plupart des membres de la MINUSTAH sont franchement gentils, à défaut d’être particulièrement brillants. Faut pas oublier que ce sont souvent des policiers, des gendarmes ou des soldats, donc pas tout à fait le type de carrière où l’on te demande d’être démesurément intelligent. Obéissant, oui, éclairé et cultivé, non. On ne s’étonnera donc pas qu’en les questionnant, la plupart se croient utiles, voire indispensables et qu’eux autres, ils l’ont, l’affaire! Faut leur donner ça, ils sont bien dressés, à rendre jaloux un dompteur de caniches.
Comme dans toutes les meutes, quelques individus se démarquent. Sont pas nombreux, mais sont lucides. Ceux-là se sont lancés dans cette mission pour faire une différence, parce qu’ils y croyaient. Ceux-là ont des compétences indéniables, mais pourtant parfaitement déniées. Je dis ceux-là, je n’en connais qu’un ou deux. Il doit bien y en avoir quelques autres, mais je les connais pas. Faut dire que je ne parle ni russe ni turc… Ceux-là, enfin, est-il nécessaire de le préciser, sont parfaitement désabusés, déçus, honteux même de faire partie de la machine des Nations-Unies, une des plus grosses machines à cash que la terre ait jamais portée. On parle de milliards de dollars.
Parce qu’il ne faut pas l’oublier, la MINUSTAH, c’est un budget monstre. 793 517 100$, pour l’année fiscale 2011-2012. Multipliez ça par X années, ça fait un ti-peu cher pour ce que ça donne. Au fait, d’où sort le 100$ qui empêche de faire un chiffre rond? Serait-ce par hasard la somme allouée qui doit demeurer en Haïti? Je n’aurais aucun mal à le croire.
Parce qu’il faut vraiment avoir la tête dans le sable (ou dans le cul) pour ne pas constater en un clin d’œil que la grosse majorité des fonds versés par les Nations-Unies pour Haïti est une façon détournée, à peine déguisée, d’aider non pas les Haïtiens, mais… les 115 autres pays.
Oui, une crisse de grosse farce.
Juste plate que ça ne donne pas envie de rigoler.
Quand je vous disais que dans le mot MINUSTAH, y’avait le mot minus…
Le saviez-vous?
- De grands panneaux publicitaires décorent le pays, surtout dans le Sud-Est. MINUSTAH AK KOLERA SE MARASA. NON A LOKIPASYON. (La MINUSTAH et le choléra, c’est synonyme. Non à l’occupation). Sont écœurés, je vous dis.
- Un policier de la MINUSTAH n’a aucun pouvoir interventionnel. Il doit faire appel à la PNH, même en cas d’urgence. Comme n’importe quel citoyen du monde, il peut se porter à la rescousse d’une personne en danger. Mais watch out si c’est pendant ses heures de travail!
- Des soldats sont planqués un peu partout dans le pays, l’arme pointée sur la population 24 heures par jour. Pfff!
- Des véhicules UN sillonnent le pays jour et nuit, trimbalant des soldats armés, qui eux aussi pointent la population de leur arme en tout temps. Re-Pfff! C’est dangereux, stie.
- Certains salaires dépassent l’entendement. 18 000$ US par mois pour écrire des recommandations sur les Droits de l’Homme et aller les ânonner ici et là, on s’entend que c’est un peu cher payé. Il y aurait pire que ça, mais mes sources sont pas fiables, alors je ne m’avance pas.
*Plusieurs études ont prouvé la responsabilité des occupants népalais de la MINUSTAH lors de l’apparition du choléra. Ben non, ils l’ont pas fait exprès, ben non, c’était pas une intention diabolique, mais câlisse, évacuer la merde humaine vers la rivière la plus proche n’était pas exactement ce qu’on appelle respecter la population. C’était de la grosse négligence, une négligence que l’on qualifie de criminelle quand on en connait les désastreuses conséquences. La MINUSTAH ne s’est jamais excusée. Elle a compté sur la résilience innée des Haïtiens, avec raison sans doute, puisque la plupart ont déjà oublié. Ben, pas nous. C’tu plate…
Un blindé stationné en permanence, avec des soldats qui pointent leur arme sur la population 24/24. Pffffff!